Mauvaise météo, influence du propriétaire et des passagers. Un cocktail accidentogène pour ce vol. © BEA
Le 14 septembre 2022, un Piper PA-46 est en approche de l’aérodrome d’Amiens-Glisy. La situation météorologique est orageuse et la visibilité est inférieure à 700m. Après trois tentatives d’atterrissage, l’appareil décroche en finale. L’avion est sérieusement endommagé.
Ce jour là, le pilote aux commandes est âgé de 62 ans. Il est détenteur d’une licence de pilote commercial (CPL) avec 1470 heures de vol. A ses côtés, en place droite, le propriétaire de l’avion : un homme de 74 ans, Pilote Privé (PPL) qui détient une qualification de vol aux instruments et 2000h de vol. L’avion est un Piper PA-46 immatriculé N9190X. Le vol d’aujourd’hui, réservé depuis la plateforme internet OpenFly, doit mener l’appareil à destination de l’aérodrome d’Amiens-Glisy. L’avion est stationné sur l’aéroport de Maastricht, aux Pays-Bas, d’où ils décollent à destination d’Épinal où ils récupèrent les 3 passagers du jour à 14h30.
La météorologie n’est pas bonne comme le montre la dépression observée sur les cartes radars et le QNH de 1004. A 16h, l’avion est en approche à 2,6Nm stable à 1341 ft. La visibilité est telle que le pilote, qui traverse maintenant des averses importantes, n’aperçoit qu’à mi- bande la piste et prend la décision d’une remise de gaz.
En montée initiale en vue d’une seconde approche, le rapport du BEA explique que « le propriétaire de l’avion lui a suggéré de faire un circuit court d’aérodrome plutôt que de suivre la procédure d’approche interrompue publiée, car il devrait alors trop s’éloigner ». Expliquant « qu’il s’est alors probablement laissé influencer », le pilote retient cependant cette option. Sans respecter le circuit de piste déposé, il se présente pour une seconde approche, à vue cette fois, qui se solde par un échec.
Au sol aussi, la responsable d’exploitation de l’aérodrome comprend que l’avion est en difficulté. Dans son témoignage publié dans le rapport d’enquête, elle explique « avoir été appelée au téléphone par une personne qui était dans le centre-ville d’Amiens et qui était surprise et inquiète d’entendre un avion voler très bas au-dessus de la ville ».
Lors de la troisième approche, les passagers assis à l’arrière manifestent ouvertement leur énervement. Le témoignage du pilote mentionne que « l’un d’entre eux s’est alors levé de son siège, lui a secoué l’épaule et placé son smartphone devant le visage pour lui montrer où était la piste. » A ce stade, le déroutement vers l’aéroport de Beauvais ou Albert (mieux équipés pour ces météos) est possible. Le rapport du BEA explique « qu’afin d’éviter de faire payer des taxes d’atterrissage plus importantes au propriétaire de l’avion, il a préféré garder Amiens comme aérodrome de destination. »
Pour la quatrième tentative, l’homme en place gauche décide de retenter un atterrissage aux instruments sur la piste 30. A ce moment, le pilote « explique qu’il ne voyait que le PAPI et pensant que ce dernier était sur le côté gauche de la piste, il a volontairement suivi une trajectoire située à droite du PAPI. Il ajoute qu’il n’avait pas pris en compte que ce dernier était en réalité situé du côté droit de la piste. »
Quelques secondes avant de toucher le sol, « il a réalisé qu’il était décalé à droite de l’axe de piste. Il a alors viré à gauche. » peut-on lire en page 29 dans le rapport d’enquête. A basse vitesse, le pilote vire à gauche pour regagner l’axe de piste. L’avertisseur de décrochage se déclenche. L’avion impact durement la piste.
Il en résulte quelques blessures légères pour l’équipage et les passagers. Les trains principaux et les deux ailes sont endommagés. Les dégâts résultent principalement de flambages et déformations des revêtements des ailes. Des fissures sont également observées à l’emplanture des ailes.
Arrivé sur les lieux, le BEA boucle l’enquête en pointant le commandant de bord « pour le non-respect des trajectoires publiées, la mauvaise préparation du vol (météo+ étude des cartes) et l’improvisation d’un travail en équipage avec le propriétaire de l’avion qui n’en avait ni les qualifications ni l’expérience ». Mettant en avant l’objectif destination, un phénomène de facteurs humains poussant le pilote à poursuivre selon le scénario envisagé, le rapport du BEA en page 32 précise que l’influence du propriétaire de l’avion a pu jouer une part dans l’accident.
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