Vers l’Ouest avec la nuit
Voler vers l’ouest c’est se déplacer dans le même sens que la nuit, c’est être rattrapé par elle si le vol se prolonge et devoir alors piloter aux instruments. C’est dans ces conditions qu’en février 1936, aux commandes d’un monomoteur Percival Vega Gull, Beryl Markham fut la première femme à rallier le continent américain à partir de l’Angleterre.
Malgré le véritable exploit que constitua cette traversée – vingt-et-une heure, essentiellement de nuit et avec une météo exécrable –, Beryl Markham est une figure un peu oubliée de l’histoire de l’aviation. Son raid est éclipsé par ceux de Coste et Bellonte, d’Assollant, Lefèvre et Lotti, de Mermoz… pour ne rien dire, évidemment, de celui de Lindbergh. Parmi les femmes pilotes de l’entre-deux-guerres, sa célébrité est assurément moins grande que celle de Maryse Bastié, d’Adrienne Bolland, d’Amy Johnson ou d’Amelia Earhart. Mais, à la différence des noms que nous venons de citer, Beryl était écrivain et les éditions Libretto ont eut l’excellente idée de traduire un livre de souvenirs paru en 1942 et qui avait alors rencontré un grand succès.
Elle y raconte une enfance libre dans la ferme fondée par son père au Kenya, alors partie de l’Empire britannique. Les chevaux, que son père élève et entraine, seront sa première passion. Elle sera d’ailleurs la première femme en Afrique à obtenir une licence d’entraineur de chevaux de course.
Mais à trente ans elle découvre l’aviation grâce à une rencontre fortuite. Elle se promène à cheval et croise, sur le bord d’une piste, un certain Tom dont la voiture est tombée en panne. Il s’agit en fait de Tom Black qui, avec Charles Scott, va remporter en 1934 la course Londres Melbourne a bord du mythique De Havilland (DH 88) Comet. Il lui apprend à piloter et l’avion va alors devenir pour Beryl tout à la fois un poste d’observation d’une Afrique aux paysages à couper le souffle et, dans la solitude des vols de longue durée, un lieu de remémoration de son enfance.
Elle va devenir pilote professionnel, la seule femme à exercer alors cette profession en Afrique. Elle achète un Avro Avian et gagne sa vie en transportant au Kenya, au Soudan, en Rhodésie… des médicaments, du matériel, des passagers et en ravitaillant des safaris.
Au détour des pages on pense aussi bien à Une Ferme en Afrique de Karen Blixen (portée à l’écran sous le titre d’Out of Africa) qu’aux Vertes collines d’Afrique d’Ernest Hemingway. Ce dernier écrivait d’ailleurs à l’un de ses amis : « Avez-vous lui Vers l’Ouest avec la nuit ?… Elle a écrit si bien, si merveilleusement bien que j’avais honte de moi en tant qu’écrivain…. C’est vraiment un livre magnifique. »
Un livre qui témoigne d’un monde et d’une pratique de l’aviation à jamais révolus.
Jean-Paul Maréchal
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