Le 27 mai 1966, six Mystère IV français s’écrasent au sol près de Séville en Espagne. Les six pilotes de chasse se sont éjectés sur l’ordre de leur leader, à court de carburant. Plus de quarante ans après cet événement qui défraya la chronique, Paul Guers-Neyraud qui commandait cette patrouille témoigne dans un ouvrage intitulé » Cockpits extrêmes « .
Il aura fallu quarante ans à Paul Guers-Neyraud pour digérer ce drame personnel et en faire le récit. Il avoue, que ce jour de mai 1966, accroché sous son parachute après son éjection, il a été tenté d’ouvrir le harnais pour en finir.
Cette navigation apparemment sans difficulté, entre Cazaux et Séville en Espagne a tourné à la catastrophe à la suite d’un enchaînement de circonstances. Comme toujours, l’accumulation d’événements conduit à une impasse.
Le leader qui assurait la navigation s’est tout simplement perdu. L’enquête déterminera que le radio compas des Mystère IV était » calé » sur une balise située au Portugal, de même fréquence, mais d’une puissance émettrice supérieure à celle de Séville (262 contre 260). Quand le pilote a compris qu’il y avait un problème, il a tenté de se repérer au sol, mais ses cartes de navigation datant de 1952 portaient sur des renseignements de 1947. L’encombrement de la fréquence radio ne lui a pas permis non plus de faire un point avec les contrôleurs de Séville. Impossible de passer son » mayday » sur la fréquence de détresse saturée.
Paul Guers-Neyraud qui a fait l’objet d’une mesure disciplinaire prononcée par la présidence de la république a préféré quitter l’armée de l’air qui est néanmoins restée solidaire. Il a fait une carrière civile dans l’aviation d’affaires naissante.
En décembre 1991, il se crashera à Bucarest, aux commandes d’un biréacteur BeechJet 400. Faute de carburant, malgré une visibilité nulle, il tentera un atterrissage. Encore une suite de facteurs aggravants. Mais cette fois-ci, il n’était pas le commandant de bord.
Le livre que signe Paul Guers-Neyraud est également un document intéressant sur l’engagement de l’armée de l’air française en Algérie. C’est aussi un témoignage sur les balbutiements de l’aviation d’affaires en France. Dommage que l’auteur ait choisi de dissimuler l’identité des protagonistes. C’est d’autant plus regrettable que les professionnels qu’il a croisés dans sa carrière civile ont été pour la plupart des acteurs de premier plan du développement de l’aviation d’affaires en France. En choisissant de brouiller ainsi les pistes, il a réduit la portée documentaire de son travail.
Gil Roy
Cockpits extrêmes par Paul Guers-Neyraud. Editions Altipresse. 20 €. ISBN 978-2-911218-64-4
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