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Voler en apesanteur, c’est désormais possible… en France !

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Bruno Rivière

Il est désormais possible, pour qui est prêt à débourser quelques petits milliers d’euros, de voler à bord d’un avion « Zéro G », c’est-à-dire de se retrouver en apesanteur. Avant de comptez vos économies, lisez le livre de Frank Lehot : « Voler en apesanteur, un rêve désormais possible ».


Au sommet de la parabole, l'avion passe par une assiette horizontale, puis commence à piquer du nez et à perdre de l’altitude. Au sommet de la parabole, l'avion passe par une assiette horizontale, puis commence à piquer du nez et à perdre de l’altitude.

Amateurs de sensations fortes, le monde de l’apesanteur vous est ouvert ! Sensations fortes ? Pas tant que cela. En tout cas rien à voir avec les sauts à l’élastique, les montagnes russes, voire la chute libre. En fait, le vol en apesanteur « ne fait pas peur ! » raconte Frank Lehot dans son livre « Voler en apesanteur, un rêve désormais possible » (Editions Vuibert). C’est même tout le contraire : « le vol parabolique produit une grande joie chez les participants. » (page 150). D’ailleurs, de tous les privilégiés, astronautes, scientifiques, ou simples passagers qui ont goûté aux plaisirs du vol parabolique, donc de l’apesanteur, pas un n’a émis le moindre regret, sur un total de plusieurs centaines de milliers de clients. Par exemple, au cours de sa carrière, le KC135 de la Nasa a permis à 18 267 passagers de connaître l’apesanteur !

A la lecture de l’ouvrage de Frank Lehot, médecin aérospatial et instructeur lors des vols publics de découverte de l’apesanteur, il apparaît clairement que le vol « Zéro G » est une aventure accessible à tous… à condition de pouvoir débourser entre 2 000 et 6 800 euros selon l’opérateur choisi. Car elles sont quelques-unes, les entreprises de vols paraboliques, à proposer ces baptêmes de l’apesanteur. Ainsi, ce guide « Voler en apesanteur, un rêve désormais possible », recence au moins quatre grandes sociétés à travers le monde, dont Novespace en France avec son Airbus A300 (entre 4 000 et 5 000 euros pour 15 paraboles, soit 5 à 6 minutes cumulées d’apesanteur), Zero G Corporation aux Etats-Unis avec un Boeing 727-200 (de 4 160 à 5 840 euros pour 15 à 17 paraboles, soit 5 à 7 minutes d’apesanteur), GCTC en Russie avec un gros Iliouchine 76 (2 000 à 6 800 euros pour 4 à 6 minutes en « Zéros G »), et Aurora Aerospace aux Etats-Unis qui, pour 2 000 euros propose 2 minutes cumulées d’apesanteur à bord de son bi-turbopropulseur Rockwell Commander 700.

La lecture de ce guide est assez déconcertante, dans ce sens où le lecteur a le sentiment de consulter une véritable Smart Box (sans le prix du vol !), qui vanterait les mérites de tel ou tel restaurant étoilé, de tel ou tel établissement de cure thermal, voire de telle ou telle compagnie de Formule 1 ou de voltige aérienne. Sauf qu’ici, il s’agit de vols… en apesanteur. Rien que ça ! Tout y est clairement expliqué. Les lois de la gravitation et la différence entre apesanteur et impesanteur, la parabole en elle-même (là, ça devient un peu technique, car « la manœuvre complète, appelée par abus de langage « manœuvre parabolique » comprend trois phases principales : la ressource d’entrée, la parabole elle-même offrant la sensation d’apesanteur et la ressource de sortie. La ressource d’entrée définit à elle seule tout le reste de la manœuvre. En effet, les conditions d’entrée dans la parabole (vitesse et pente) sont directement dépendantes de quatre paramètres : vitesse et altitude initiales, nombre de « g » pendant le cabré, pente de transition de la ressource à la parabole… » (page 185)

Plus ludiquement, toutes les étapes de la journée du vol sont abordées : depuis l’inscription via Internet, jusqu’à la remise du diplôme lors du « pot » de l’après-vol, en passant par la visite médicale (non obligatoire aux Etats-Unis), le briefing pré-vol, le comportement en vol (malade ou pas, toilettes ou pas, manger ou pas, objets acceptés ou pas, etc.), et bien sûr, les occupations à faire en vol, à commencer par les fameux « salto » avant et arrière que chacun rêve de réaliser un jour. Chaque phase du vol est commentée de façon extrêmement précise. « … A ce moment du vol, les participants sont invités à enlever leurs chaussures et à rester en chaussettes, afin de limiter le risque de traumatisme liés à des coups de pieds involontaires en microgravité. » (page 101) « Chaque parabole débute par une phase d’hypergravité (ou hyperpesanteur) de 1,8 g pendant vingt secondes, correspondant à la force centrifuge accompagnant la ressource de l’avion. Cette force « colle » les passagers sur le plancher de la cabine. La position dans laquelle l’organisme tolère le mieux l’hypergravité est la position allongée sur le dos… » (page 104 et 105).

Evidemment, histoire de rassurer le lecteur – ou de l’inquiéter davantage ? – de nombreuses photos surprenantes illustrent chaque chapitre. Notamment des images saisissantes d’avions (l’A300 « Zéro G » en particulier) en montée sous des angles de 47° ou en descente à 42° (quasiment en piqué !). Mais qu’on se rassure, les zones aériennes de réalisation des paraboles sont éloignées de tout trafic commercial régulier : « il est arrivé que des passagers d’un autre aéronef aperçoivent par leur hublot l’avion « Zéro G » en train de cabrer ou de piquer à 45° lors des ressources, cela pouvant être une source d’inquiétude pour eux. » (page 101).

Pour les spécialistes, le rôle et les procédures de l’équipage techniques sont également détaillés avec précision, et accompagnés également de photos et de croquis. Bref, un guide accessible à tous, pour, comme le disait Thierry Sabine, fondateur du Paris-Dakar, « faire rêver ceux qui restent et faire vibrer ceux qui partent ! »

Bruno Rivière

Au sommet de la parabole, l'avion passe par une assiette horizontale, puis commence à piquer du nez et à perdre de l’altitude.
Après une phase d'apesanteur d'une vingtaine de secondes, les passagers sont soumis à une hypergravité d’1,8 g, pendant 20 secondes.
Voler en apesanteur, un rêve désormais possible
Trois pilotes réalisent simultanément les manœuvres paraboliques.
La joie de l'apesanteur…
Le manche additionnel permettant d’agir uniquement sur le tangage.
Une cordelette permet d’agir uniquement sur le roulis.

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Bruno Rivière

Reporter photographe par passion, Bruno Rivière a assuré la rédaction en chef d’Aéroports Magazine pendant près de 25 ans. Il a également enseigné le journalisme en faculté. Spécialiste du transport aérien, il a rejoint Aerobuzz en janvier 2011. Bruno Rivière réalise des reportages et des recensions de livres.

View Comments

  • Voler en apesanteur, c’est désormais possible… en France !
    Bonjour,
    Merci de bien vouloir m'envoyer toutes les informations relatives à ce vol, à savoir: la ville de départ pour la France, le nombre d'heures, le tarif par personnes etc....
    Cordialement
    D TIRUEL

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Bruno Rivière

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