Les opérations aériennes au nord du continent américain sont marquées par une très forte intégration entre aviation royale canadienne et US Air Force. Le remplacement des CF-18 (ici en formation avec un B-52H de l’US Air Force) intéresse Washington au plus haut point. © RCAF
C’est officiel, le Super Hornet est hors-course au Canada et la voie est libre pour le F-35 de Lockheed Martin et le Gripen de Saab. Un scénario inattendu, qui était même hautement improbable il y a quelques années…
Dès 2010, les conservateurs au pouvoir au Canada avait annoncé leur choix en faveur du F-35 en remplacement des CF-18 Hornet vieillissants. Cinq ans plus tard, lors qu’il était en campagne électorale, le libéral Justin Trudeau annonça clairement qu’il abandonnerait l’achat de l’avion américain s’il devait arriver au pouvoir. Justin Trudeau a remporté les élections, annulé la décision prise en 2010 et lancé, en 2017, une nouvelle compétition… dont le F-35 est aujourd’hui finaliste avec le Gripen !
Les autorités canadiennes l’ont officiellement annoncé hier 1er décembre : « au terme de l’évaluation des propositions reçues dans le cadre du processus concurrentiel d’approvisionnement, le gouvernement du Canada annonce aujourd’hui que deux soumissionnaires sont toujours en lice pour le projet de capacité future en matière d’avions chasseurs ».
Dans les semaines à venir, le Canada va dérouler les dernières étapes du processus de sélection. Les deux propositions restantes seront analysées à l’échelle sub-atomique et les derniers échanges avec Saab et Lockheed Martin permettront « aux deux derniers soumissionnaires de bonifier leur offre » selon les mots des autorités canadiennes. Le contrat devrait être officiellement attribué en 2022 et les premiers appareils livrés dès 2025.
L’élimination du Super Hornet block III dans la compétition canadienne est tout de même très surprenante. L’avion serait assez bien pour l’US Navy mais il ne le serait pas pour le Canada qui dispose en outre d’une longue pratique du Hornet « legacy » ? Ou bien Boeing serait-il passé totalement à côté du volet économique de la compétition ? © RCAF
Alors de deux choses l’une : soit, comme le veux la formule consacrée « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » et le Justin Trudeau de 2021 acceptera ce qu’il refusait en 2015, soit la défense du continent nord-américain sera confié à un avion de conception suédoise, doté d’un moteur et d’une avionique américaine.
Les très grands espaces canadiens font face directement à la Russie. Cette frontière septentrionale virtuelle est vue depuis les Etats-Unis comme une première ligne de défense face à l’Empire du Mal et l’intégration des forces aériennes du Canada et des Etats-Unis est en conséquence très étroite au sein du NORAD (North American Aerospace Defense Command). L’organisme avait été créé en 1957 pour prévenir une attaque surprise (par bombardiers ou missiles balistiques) des Soviétiques par-dessus le pôle Nord.
Connaissant les Américains, on imagine mal que la principale composante pilotée de cette défense, côté canadien, soit confiée à l’industrie suédoise.
Frédéric Lert
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