Le Beriev A-50 Mainstay (nom de code OTAN) est fabriqué sur une base d’Iliouchine 76. On compterait sur les doigts d’une main les avions opérationnels côté russe. © Ministère de la défense de Russie
La destruction de l’avion-radar russe A-50U, abattu dans la nuit du 23 février 2024, est revendiquée par l’Ukraine. La Russie évoque un tir fratricide, comme de tradition…
Les images diffusées sur les réseaux sociaux sont spectaculaires. On y devine un avion évoluant en basse altitude, enchainant les virages et lâchant derrière lui un chapelet de leurres thermiques. Une première explosion se produit dans son sillage. Puis une deuxième traduit la destruction de l’appareil. C’est la mise à mort d’un avion radar russe A-50U, avec à son bord un équipage d’une quinzaine de spécialistes. Un premier avion de ce type avait été perdu au combat au-dessus de la mer d’Azov, le 15 janvier 2024, abattu par une batterie de missiles sol-air installée en embuscade au plus près du front. A-t-on assisté avant hier au même scénario ?
L’avion russe évoluait toujours dans la région de la mer d’Azov, peut-être même directement au-dessus du territoire russe qui la borde à l’est. Encore plus loin du front donc que pour la première perte.
L’Ukraine explique avoir abattu l’avion avec des missiles S200. Ce missile, appelé SA-5 Gammon dans la nomenclature OTAN, est un engin à très longue portée, initialement conçu dans les années 1960 pour abattre les bombardiers américains évoluant en haute altitude. Le S200 est lancé par quatre accélérateurs à poudre et il pèse environ 7 tonnes au lancement pour 10m de long, ce qui en fait peu ou prou l’équivalent en taille et en masse d’un Alphajet !
L’histoire de l’emploi de ce missile par les Ukrainiens est tragique, puisque le 4 octobre 2001, ceux-ci avaient abattu par erreur un Tupolev 154 de Siberia Airline reliant Tel Aviv à Novosibirsk avec un S200. Après l’invasion russe de 2022, les Ukrainiens ont sans doute utilisé quelques-uns de ces missiles en mode air sol pour attaquer des position russes et même le pont de Kerch.
Depuis son entrée en service, le S200 a depuis été constamment modernisé. Initialement conçu pour être installé sur un site fixe, il est aujourd’hui considéré comme « déplaçable », sans être aussi mobile que des missiles modernes comme le Patriot ou le SAMPT européen. Au début des années 2000, la Pologne a produit une version modernisée de ce missile et il est fort probable que plusieurs exemplaires aient été donnés à l’Ukraine.
Filmé en pleine nuit depuis le sol quelques instants avant sa destruction, l’avion tirait des leurres, évoluait en basse altitude et enchainait les virages. Tout ceci indique qu’il se savait menacé et il est probable que l’équipage de l’A-50U avait lui-même repéré les missiles lancés contre lui. Sa planche de salut était de foncer vers la basse altitude et de leurrer. Les images disponibles sur internet montrent des leurres thermiques, mais il est aussi possible que l’avion ait tiré des leurres électromagnétiques.
C’est un deuxième coup très dur portée à la communauté aéronautique russe. Avions et équipages seront très difficiles à remplacer. S’agissant des premiers, on ignore le nombre d’équipages qualifiés. Les Russes pourront sans doute faire appel, si ce n’est déjà fait, à quelques anciens pour étoffer les effectifs.
Concernant les avions, ils disposaient à priori de sept A-50U modernisés au début de l’invasion. Deux sont à présent détruits et un troisième, qui avait été endommagé au sol, est peut être réparé. Ceci laisserait en théorie 4 ou 5 avions disponibles auxquels pourraient s’ajouter un ou plusieurs des trois prototypes d’A-100, ultime itération de l’A-50. L’état réel de finition de ces trois avions est toutefois inconnu.
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Il parait que Poutine est effondré sous la menace du belliqueux Macron ... faut dire qu'il y a de quoi : il ne lui reste plus que 3 A-5OU ("AWACS" soviétisés) alors que l'OTAN a une quinzaine d'AWACS sur place et les américains une trentaine un peu partout sur la planète.
Macron au Kremlin ça va avoir de la gueule !
Une pensée pour l'équipage dont la fin a été courte, volant à basse altitude.