Cette semaine, l’héliport d’Issy-les-Moulineaux a été rebaptisé. Sur les cartes aéronautiques il est désormais identifié « Général Valérie André ». Honorer ainsi une personnalité de son vivant en donnant son nom à une plate-forme aéronautique est exceptionnel. C’est peut-être même une première en France. Une preuve de plus que le Général Valérie André est une femme à part qui une fois de plus ouvre la voie.
Le mois prochain, le Général Valérie André fêtera ses 100 ans.
Il y a quelques années, je l’ai croisée à l’Aéro-Club de France. Elle m’avait dit alors que tous les jours, elle lisait avec intérêt Aerobuzz.fr. C’est le plus grand honneur que je pouvais imaginer alors. Le plus puissant encouragement. Cette femme-pilote qui a marqué le secours aérien en temps de guerre et dont j’admirais le courage avait remarqué notre travail. Ce jour-là, c’est comme si elle m’avait transmis son énergie. Je m’en souviens encore…
Transmettre. Le mot est lâché.
Comme pour beaucoup d’entre vous qui lisez ces lignes, ce sont des personnages comme Valérie André qui m’ont donné envie de vivre pleinement ma passion de l’aviation, d’en faire mon métier, de trouver ma place dans cette communauté. Nous nous sommes nourris de leurs exploits pour atteindre notre but.
A l’époque, mes héros n’étaient déjà pas les plus connus des aviateurs. Ils ne pilotaient pas forcément les machines les plus puissantes. Même si aux « Éditions France-Empire », leurs témoignages côtoyaient parfois ceux des As de la deuxième guerre mondiale et des défricheurs de lignes aériennes, c’étaient des gens simples. Chaque jour, ils remettaient leur ouvrage sur le métier. Mais leur vie était extraordinaire.
Bernard Chauvreau m’a fait rêver. Quand il allait livrer en Afrique les avions-planeurs de René Fournier. Il partait seul avec sa brosse à dents et son rasoir. Ni l’habitacle, ni le moteur de son monoplace ne lui permettaient d’emporter plus. Il s’en allait pour plusieurs semaines à travers le Sahara et la forêt équatoriale, à l’aventure, mais avec un but fixé qu’il réussissait toujours à atteindre. Il repartait dès la livraison effectuée…
Quand je l’ai rencontré à Gap, à l’occasion des 50 ans des avions Fournier, j’ai compris pourquoi il n’avait pas besoin de plus. Et j’ai eu envie de relire « Il était une foi : mes ailes ». Comme on relit un vieux Buck Danny…
Combien d’entre nous ont osé vivre leur passion grâce à des Valérie André et des Bernard Chauvreau ? Ces personnalités nous démontraient que c’était possible. Avec le recul des années, il apparaît qu’ils ont été, pour nous, des modèles. Sans que nous n’en ayons alors conscience, ils nous ont transmis les moyens de suivre notre route. Une route sur laquelle nous accompagnent, depuis le premier pas jusqu’à aujourd’hui, des anonymes, comme ce maître de stage ou cet instructeur de vol à voile, qui nous transmettent leurs savoir-faire, leur savoir-être, leurs valeurs.
A chacun à son niveau. A chacun son tour. Transmettre.
Gil Roy
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Gil merci, je suis moi même le témoin que chacun peut faire beaucoup, avec de la passion et la décision d'y aller. Au delà de l'aviation, ma deuxième passion est les grandes marches. J'ai découvert que je savais marcher 5000km vers Jérusalem, parce que j'en avais envie. Vivez vos passions !
Très beau texte
Je partage ces propos à 110 %
Magnifique texte!