La compagnie Egyptair est-elle prisonnière d'une culture du secret ou cherche-t-elle à cacher un problème ? © Airbus
Six mois après l’accident de l’Airbus A320 d’Egyptair, en Méditerranée, l’Egypte demeure enfermée dans un total mutisme. Alors que les deux enregistreurs de vol ont été rapidement dépouillés au Bourget par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) et que la plupart des corps des 66 victimes a été récupérée, les autorités égyptiennes se refusent à communiquer malgré la pression des familles. La dernière information officielle date du 16 juillet 2016…Les familles des victimes du vol MS804 d’Egyptair ont décidé de mettre la pression sur les autorités françaises pour tenter de faire bouger l’Egypte. Six mois, jour pour jour après le crash de l’A320 (19 mai 2016) au large de Chypre, elles ont manifesté, le 19 novembre 2016, devant l’ambassade d’Egypte à Paris. Les familles souhaitent récupérer les corps de leurs proches. Elles veulent aussi savoir ce qu’il s’est passé.
Seule l’Egypte autorisée à communiquer
Il y a de fortes chances pour que le gouvernement égyptien, mais aussi les enquêteurs du BEA français et même Airbus aient compris l’enchaînement des événements qui ont conduit au drame, mais la seule autorisée à le dire est l’Egypte. L’avion s’est en effet abîmé dans les eaux territoriales de son pays d’exploitation et d’immatriculation.
Ce n’est évidemment pas la première fois qu’un pays prendrait son temps pour publier un rapport … ou ne pas le faire ! Il y a des précédents.
Si l’Annexe 13 de l’OACI impose la publication d’un rapport d’enquête après un accident, chaque pays peut aussi se déclarer « en exception » vis à vis d’un aspect ; toutefois son seul devoir est de le dire officiellement. Ce que n’a pas fait, à ce jour, l’Egypte. On peut aussi douter que les autorités égyptiennes déclarent officiellement qu’elles ne communiqueront pas leur rapport.
La porte ouverte à toutes les supputations
Dans leur 25ème (et dernier à ce jour) communiqué officiel (Investigation Progress Report) daté du 16 juillet 2016, la commission d’enquête égyptienne précise explicitement que l’écoute du CVR (enregistreur de vol des échanges dans le cockpit) indique une référence à un « feu ». Elle ajoute qu’il n’est pas possible, à ce stade, d’en déterminer la source.
Depuis plus aucune information officielle n’a été communiquée. Pour sa part, le BEA français s’est contenté de traduire en français le communiqué égyptien du 16 juillet 2016. Quant à Airbus, son dernier communiqué date du 23 mai 2016, soit quatre jours après l’accident.
Le BEA et Airbus s’interdisent de communiquer
Le constructeur confirme que les messages ACARS, message transmis automatiquement par l’avion durant tout le vol, ne permettent pas d’expliquer le scénario. Airbus ajoute qu’il diffusera des informations techniques dès que les autorités le permettront. Depuis, plus rien non plus du côte de Toulouse…
Difficile d’imaginer que le constructeur ne sache pas ce qu’il s’est passé alors que les enregistreurs de vol ont « parlé » ! Airbus comme le BEA savent sans doute, mais la réglementation internationale ne les autorise pas à en faire état.
A ce jour, la CAA Egyptienne a donc publié 25 communiqués (Investigation Progress Reports) et 15 communiqués de presse, mais aucun rapport préliminaire. Au cours des quatre derniers mois, l’exploitation des boîtes noires (CVR et FDR), des messages ACARS, des images radar, etc a forcément apporté de nouveaux éléments. Les parties prenantes disposent d’éléments concrets, pourquoi alors ne les communiquent-elles pas ? La vérité qui finira par sortir risque d’être d’une consternante banalité si, par exemple, la maintenance de l’avion accidenté était mise en question…
Gil Roy
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Un gouvernement Egyptioen qui ne jouant pas franc-jeu à qui la France a apporté son aide militaire en lui "vendant" des rafales (dont on est en droit de se demander d'ailleurs si ils seront payés un jour...comme ne le furent jamais non plus les hélicos "vendus" à Khadafy...).
« La vérité qui finira par sortir risque d’être d’une consternante banalité si, par exemple, la maintenance de l’avion accidenté était mise en question… » Ou d'une accablante vérité s'il s'avère que les causes de l'accident ne sont pas techniques... Allons jusqu'au bout des hypothèses, sans compromis, mon cher Gil.
L'Egypte n'avait pas non plus été très coopérative lors du suicide du Co-pilote du vol 990 Egyptair en 1999.